Qu’est-ce que l’intime ?

Dans le cadre du Mois de la Photo, la Maison Européenne de la Photographie propose des rencontres autour de l’événement.

Vendredi dernier, Jean-Louis Pinte, délégué artistique et artisan du thème « Au cœur de l’intime », Marianne Rosenstiehl, photographe, et Yasmine Youssi, rédactrice en chef de Télérama, partageaient leurs réflexions sur l’intime.

 

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Sur facebook l’intime se banalise, et se confond avec le voyeurisme.
C’est en réaction à cela que Jean-Louis Pinte, délégué artistique de ce Mois de la Photo, a choisi d’explorer le thème « Au cœur de l’intime ».

S’il le définit comme « un rempart à la vulgarisation de soi », sa vision ne s’arrête pas à la personne, elle s’étend aussi à un paysage, une atmosphère.
Cela reste un moment où quelqu’un s’abandonne, et pour certains artistes, il peut par exemple, se concentrer dans un objet.

L’intime relève du secret, il est révélé par l’autre, et c’est là où le photographe a un rôle important à jouer.
De toute évidence il ne pose pas la question du spectateur voyeur, mais il interroge sur le mystère, sur ce qu’on ne peut pas comprendre.

Jean-Louis Pinte considère la mémoire comme un réservoir d’intime. Elle est une chambre noire qui a besoin d’être ouverte.

 

Une trentaine de photographe a été choisie pour représenter ce thème pendant le Mois de la Photo.
Le travail de Marianne Rosenstiehl en fait partie. Elle s’est penchée sur la représentation des règles, qui font partie de la vie intime des femmes.
Mal considérées par la religion et les croyances, des traditions et légendes les ont condamnées d’impuretés, et sont devenues tabou pour certains. Ci-dessous les filles réglées tuent les limasses en traversant le champ les jambes écartées.

 

Marianne Rosenstiehl, Les limaces, de la série The Curse, 2014 ©Marianne Rosenstiehl

Les limaces, de la série The Curse, 2014 ©Marianne Rosenstiehl

 

Malgré l’aspect abrupte du sujet, il est frappant de ressentir la douceur et l’affection que porte la photographe au corps de la femme.

Le sang des femmes tiré de la série de photographies The Curse © Marianne ROSENSTIEHL Courtesy Les Infirmières Galerie Droits d’utilisations Presse dans le cadre de la promotion du Mois de la Photo 2014

 

Aussi, Marianne Rosenstiehl va jusqu’à jouer avec les expressions du langage courant qui « désignent sans dire ».
Ci-dessous : « les anglais débarquent ».

Les Anglais tiré de la série de photographies The Curse © Marianne ROSENSTIEHL Courtesy Les Infirmières Galerie Droits d’utilisations Presse dans le cadre de la promotion du Mois de la Photo 2014

 

Rien dans cette série de photos n’est agressif, ni vulgaire. Marianne Rosenstiehl a eu l’audace et trouvé la justesse de mettre en lumière un sujet qui dérange, et encore jamais représenté jusqu’à présent.

 

L’exposition The Curse / la malédiction, de Marianne Rosenstiehl est à voir au Petit Espace du mercredi 5 novembre au samedi 6 décembre 2014.

Retrouvez tout le programme du Mois de la Photo sur le site de la MEP.