Le nouveau western

Voici l’histoire vraie d’une contrée où ça canardait tellement de partout qu’on l’appelait « le nouveau western ».

 

Alors que chacun s’attelait à tirer la couverture à soi, (c’est en plein été sous une pluie battante que la question a émergée), on retrouvait en zone néanmoins aride, toujours les même combats : celui du Bon, de la Brute et du Truand.

 

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Tous avaient fait un saut dans le temps. Si les uns chevauchaient les préjugés, les autres prenaient les clichés d’assaut à en gaver leur entourage bien élevé.
Dans cette contrée hostile il ne faisait aucun doute que tous dégainaient leur smartphone plus vite que leur ombre. Même les plus grands, (qui avaient trouvé commode de se reposer sous leur ombre), étaient de la partie.
L’heure sonnait le culte du narcissisme. Tout le monde se faisait luire et ça moussait dans les trois camps.

Aucun changement n’était prévu avant un bon moment. C’est ainsi ce qu’il avait été stipulé sur le plan à 5 ans annoncé par le gouvernement.

Les jeunes pousses, en pleine errance à l’intérieur d’elles même, n’en demandaient pas moins. Elles avaient trouvé un terreau favorable au culte de leur corps et leur régime était tyrannique : gavées par la propagande d’un monde illusoire, elles recherchaient la toute puissance jusqu’à l’étourdissement.

Pendant ce temps parquées dans leurs enclos, les vaches broutaient de l’air, et les poules pondaient leur coquille vide chaque matin. Tout cela sous la surveillance de cowboys à la barbe bien pendue. Bien que très peu aventureux, les cultivateurs de coquille vide à la grande barbe occupaient le terrain. Toujours dans le vent, ils faisaient le bruit. Mais ce dernier se révélait la plupart du temps inodore.

Il y avait aussi parmi les camps, ceux qui en bouffent pour les autres, (ceux qui creusent) : plus justiciers que les autres, défendeurs d’une liberté dont ils gardaient encore espoir. Au final ils n’en ressortaient pas moins perdants.
Car l’arme fatale de cette contrée grondante était le reflet du miroir. Elle s’avérait particulièrement destructive, non pas parce qu’il y avait plus de Brutes et de Truands que de Bons dans cette contrée, mais parce qu’on ne se reconnaissait plus dans cet horizon brumeux.

Comme personne n’avançait dans ce brouillard, certains avaient pris le parti de tirer sur tout ce qui douille. Pas grave se disait-on, ils finiront bien par se faire plumer quoiqu’il arrive.
En plein champ de bétail on s’empressait de ramasser les cartouches vides pour les remplir de son orgueil, et ne jamais donner l’impression d’avoir grillé la dernière.

Pendant que le bruit de la gâchette couvrait le tintamarre de la ville, et que la mousse débordait bien au delà des saloons, plus aucun cowboy ne se comprenait.
Personne n’étant officiellement conscient de ses actes, et ayant perdu tout sens de ce qu’il est permit de dire ou de faire, beaucoup ne savaient plus quoi penser, (en particulier les éleveurs de coquille vide à la grande barbe).
Alors que ces derniers se demandaient si il n’était pas un peu cavalier de brandir leur Apple Watch, les grands, qui se reposaient dans l’ombre, levaient un œil pour retourner leur excuse trop longtemps exposée au soleil. Et voilà où se trouvait le drame. Car parmi ceux qui avaient un pistolet chargé, plus aucun n’était bon cavalier.

Tout le monde voulait mettre un nom sur le responsable de ce bazar, mais personne n’était vraiment dupe : puisque chacun était occupé à briller sous les feux de la gâchette, qu’espérer de plus qu’une moustache coupée au carré ?

 

C’est ainsi que la question a émergée. Et quiconque l’eut explorée en était ressorti gagnant.
Certes, on ne s’entendait plus dans cette contrée, mais on pouvait encore écouter ses envies. La raison pour laquelle, on pouvait continuer de creuser toujours plus profond.