Parfum de déjà-vu

N’avez-vous pas l’impression d’avoir déjà vu ce film avant ? Certes Léa Seydoux y est encore dénudée, mais cette fois-ci il n’y a rien à voir.
 

En visionnant cette vidéo on ne peut s’empêcher de penser à la campagne Dior Addict (à revoir ici), avec son rose acidulé, Daphné Groeneveld et ses airs de Brigitte Bardot. On pense également à la publicité Chance Eau Tendre de Chanel.
 


Candy L’Eau Florale insuffle une pointe de lassitude surprenante de la part de la très innovante et avant-gardiste Maison Prada. Cette dernière nous avait tant régalé avec son film Prada Candy l’Eau, de Wes Anderson et Roman Coppola. (Pour revoir les 3 épisodes c’est ici). Léa Seydoux est-elle trop poussée médiatiquement pour incarner Candy ?
 
Peut-être que ce parfum de « déjà-vu » fait partie des « signes de changement » que Prada nous propose d’analyser à travers son concours littéraire Prada Journal. La Maison invite à regarder les détails de près… en voici un qui ne nous a pas échappé. Si ceci est un jeu de piste, il est excellent ! 
 
Sinon…  
 
Prada Candy Florale est une nouvelle déclinaison de Prada Candy. Une fragrance qui s’inscrit dans la lignée de ces parfums conçus pour plaire au grand public, à l’image de La Petite Robe Noire de Guerlain, La Vie est Belle de Lancôme, ou encore Jour d’Hermès. Ces jeunes recrues viennent challenger les colosses du marché : N°5 de Chanel, J’adore Dior, Angel de Thierry Mugler, qui se livrent à des cures de Jouvence toujours plus drastiques et délicates, car il ne faudrait pas non plus pousser mémé dans les orties…
Qu’en déduire de ce parfum de « déjà-vu » donc ? Il ne fera pas la légende, mais peut-être le produit vache-à-lait d’un temps. 
 
Pourtant lorsque l’on jette un oeil aux coulisses, tout semble parfaitement programmé.  
Ce mois-ci  M Le magazine du Monde consacre dans son numéro spécial Beauté un dossier sur le naming des parfums et des cosmétiques. On y apprend qu’il devient difficile de trouver des noms évocateurs libres, et que la quête du mot juste est presque trop complexe aux yeux des marketeux les plus experts dans ce domaine… à moins que l’on se mette véritablement à innover, en créant des noms sortis des sentiers battus, et qui finiront pas devenir des mythes, comme N°5 de Chanel. 
 
Et les pistes pour l’avenir dans tout cela, pour revenir à notre jeu de piste ? 
Sans doute, lorsque les histoires laissent une chance à l’intuition, lorsque l’on s’éveille à questionner certaines règles, lorsqu’on invente plus qu’on réinvente, on peut s’attendre à sentir dans l’air, comme un parfum de succès.
Le nombre de lancements de parfums est exponentiel, mais sommes-nous prêts à recevoir moins d’histoires, et à prendre le temps de vraiment vivre les prochains chapitres de celles que nous avons déjà entamées ? 
 
Il semblerait qu’une nouvelle mécanique soit sur le point d’être amorcée, comme dans d’autres domaines, tels que la politique, la finance, la science ou encore l’écologie : on va trop loin, alors on fait marche arrière, pour avancer de nouveau, jusqu’à la prochaine impasse, on recule, pour repartir… C’est le doux ronronnement de la vie.