Lettre à un vieil ami




Paris, le 15 octobre 2013





Mon cher ami,




      Cela fait maintenant trois ans que nous avons fait connaissance au sein d’une grande Maison française, à Paris. Cet esprit, cette dynamique nous ont réuni et depuis, je n’en démords plus. J’y reste fidèle à ma manière, car tu sais aussi te montrer volatil. 

Malgré les années qui nous séparent, aujourd’hui, proximité oblige, tu ne m’en voudras pas si je te tutoie. C’est pourtant bien toi qui mènes la danse, ouvrant tes bras toujours plus grands à qui peut bien les rejoindre. Une fois piqué le syndrome s’intensifie. Du réel au virtuel, tes tentacules s’immiscent sur tous les points que nous avons en contact. 
Ton héritage est grand, et tu sais me le rappeler dans un langage sensiblement impactant : synthétique et simplifié, en mouvements amplifiés. Tu me tiens en haleine en me racontant des histoires, parfois même, tu me laisses en écrire un chapitre. Le non-sens est notre ennemi commun.


      J’ai pourtant le sentiment que nous ne sommes pas toujours sur la même longueur d’onde. Les temps changent, nous nous cherchons, et puisqu’il le faut, tu prends de nouveaux virages, éclairé par tes repères, ton ADN. Tu descends dans la rue, tu défriches de nouveaux terrains de jeux pour mieux nous amuser, mais les affaires ne sont jamais trop loin, car rien ne serait sans leur consentement. Elles sont d’ailleurs l’objet de tes grandes contrariétés de créatif. La débauche de tes moyens grossit les conflits de valeurs dont tu es l’intérêt. Et vice-versa évidemment.

Si fragile, ton image se forge dans la lumière comme la discrétion. Du petit au grand écran, tes priorités d’apparition restent encore confuses et discutables. A ce jeu j’ai d’ailleurs un petit faible pour ces deux Maisons au Double C. 
Mais tu es aussi touchant dans l’intimité des coulisses : ta carte blanche, ta cerise sur le gâteau, tu aimes bien ces petits plus qui révèlent l’artiste qui est en toi. 


      Avec toi le temps prend de la valeur. Tu m’as appris que les belles choses se révèlent dans la durée, et qu’elles brillent lorsque je me les approprie. Tu es un ami formidable, ton désir de précéder mes envies te comble. 

Et puis un jour je te découvre sous les traits d’un nouveau visage, plus jeune, qui fût le héros de cette saga « vampiriste » que je n’ai pas suivie. Tu es attachant, et je tolère peu que tu t’intéresses à d’autres. J’ai pris goûts aux privilèges que tu m’accordes, et désormais avec toi, je devrai toujours me sentir exclusive. La jalousie infantile… le prix à payer pour une Maison (mère). 
Il faut dire qu’il n’est pas toujours facile de te suivre, jamais tout blanc ni tout noir, chez toi la subtilité est de rigueur. Un compromis saillant trahirait ton absolu, un parti-pris scindant étoufferait ton imaginaire. Pour toi la suggestion est un langage maternel, la subversion une seconde nature
Et ce goût pour les belles choses que tu m’as inculqué, j’attends de toi que tu en sois le mécène. 


      Mon cher ami, aujourd’hui marque le deuxième anniversaire de mon addiction à ce blog que je te dédie. Je tenais à t’écrire ces mots, car dans cette réalité poétisée tu tiens un rôle capital. Si tes privilèges atteignent des sommets, c’est qu’en en te dévoilant, tu m’apprends à me découvrir.



      Dans l’attente immuable que tu me fasses rêver, 




Une amie qui te suit de près.