La danse de la réalité

Tel un « reset » qui démarre une nouvelle partie, distorsions, découpages et déformations remettent de l’ordre. Ils cassent les codes de la réalité, provoquent l’imprévisible, dévoilent la suggestion, fantasment avec la normalité. Comme par peur d’oublier ce qui nous est cher, que quelque chose nous échappe, ou même encore de passer à côté de sa vie, le découpage/collage s’étend bien au-delà l’enfance. Une envie de reprendre le contrôle sur une réalité complexe, mais aussi de créer des rapports plus riches avec les autres.  

Une vie à son image

 
Dans son autobiographie « Draw Blood For Proof », le photographe de mode Mario Sorrenti représente sa vie par un étrange puzzle. Un immense collage résume visuellement les moments forts de sa vie, personnelle et professionnelle.  Cette « conversation » qu’il a entretenu avec lui même pendant plus de dix, a été exposée en grandeur nature en 2004 par la galerie Roth Horowitz. Elle se pérennise aujourd’hui dans un livre. 

 
 

Normalité déformée

La Maison Prada a présenté sa collection Hiver 2013 dans un monde formés de moments de vie quotidienne juxtaposés. De la banalité de ces instants se tissent des histoires interconnectées. Dans un univers graphique déformé, ce casse-tête de séquences fait de la simplicité une forme ultime de perfection. 
Par ailleurs, on observe que pour la première fois, l’inspiration des collections Homme et Femme se chevauchent.  

 

Déconstruire pour reconstruire 
 
L’application mobile Figr, inspirée du « cadavre exquis »,  jeu surréaliste inventé au début du XXe siècle, a été lancée cet été. 
Une opportunité d’explorer de nouvelles sources de créativité très simplement. L’utilisateur créé une silhouette en fusionnant quatre éléments choisis à partir d’une sélection de collections de créateurs, de créations de bloggeurs et de street-looks.
 

Téléchargez l’application ici

 
 
Reconstruire pour réinterpréter le contexte

Les rédactrices mode du magazine Dazed ont réinterprété les campagnes automne/hiver 2013 afin de découvrir les références cachées derrière chaque photo. Cela abouti à une série de gifs animés par les oeuvres d’artistes. Attention aux yeux. 
 
Photo « Parasomnie » de Viviane Sassen + photo « Poolside floods » de Thomas Peter = la campagne Raf Simons AW13


 
Les auto-portraits de Cindy Sherman = la campagne Lanvin AW13
 
 
 
Les costumes du ballet Parade ainsi qu’un portrait de femme par Picasso + les affiches d’après guerre de Bernard Villemot = la campagne Sonia Rykiel AW13.

 

Les Infinity Net painting de Yayoi Kusama  + les peintures abstraites de Gerhard Richter = la campagne Miu Miu AW13.
 
 
Dévoiler l’invisible
 
Rapporté au graphisme, le découpage/collage a inspiré le travail d’Amanda Berglund. La graphiste suédoise a réalisé l’affiche de l’exposition « From the sidewalk to the catwalk » consacrée à Jean Paul Gaultier. Le créateur y pose en marinière les bras croisés. Cette première image est formée à partir d’invitations détachables. Derrière chaque carte se cache un élément de l’univers de Gaultier.
 

 

 
Reconstruire pour créer de nouveaux liens

A l’image de ce « morceau » de Bambi sanglé sur cette silhouette Givenchy A/W 13-14, par un lien très simpliste : un tendeur. Attachant.
 
 


Reconstruire pour mieux rêver 


Pour son dernier ouvrage « Hangin’ with Icons » dans le Fashion Gone Rogue, la photographe Anna Palma a réalisé des montages photographiques avec des personnalités. Le mannequin Matilda Price pose avec les vedettes parmi lesquelles on retrouve Elvis Presley, John F. Kennedy, David Bowie.

 

 



Une destruction qui appelle à la reconstruction, stimulée par le plaisir de créer. La « danse de la réalité » soulève des questions identitaires : Où est ma liberté d’être ? Comment m’inscrire dans la continuité du monde réel et virtuel dans lequel on vit ? Des interrogations sous-jacentes qui trouvent des réponses en disséquant la réalité, et en la cuisinant à son goût. Epingler, chercher, essayer, c’est la porte ouverte à de nouvelles expériences.



Nouvelles utopies : nouvelles réalités ?

A l’image du Marina Abramovic Institute (MAI), un laboratoire qui réunira art, science, technologie et spiritualité dans un nouveau contexte : pas de public, chacun participe, et cela dans la durée
Le 25 août dernier l’artiste a récolté sur Kickstarter l’intégralité des fonds pour la création de son institut (600 000 dollars). Un remarquable projet dans lequel elle s’est littéralement investit corps et âme, et qui a sensibilisé des personnalités telles Lady Gaga ou encore Jay-Z. 
Découvrez ce projet en détails ici.