Luxe sous culture

Alors que les Arts Décoratifs nous ont retracé le parcours de Louis Vuitton et Marc Jacobs, Valentino s’expose dans son musée virtuel, et Roger Vivier présente (à son tour) son livre éponyme.

En bonnes curatrices, les Maisons de luxe ouvrent une parenthèse culturelle pour ancrer leur histoire dans le présent. Elles font vivre leurs mythes, comme si l’envie de traverser le temps les libérait de leur obligation de vendre.

L’exposition N°5 CULTURE CHANEL qui se tient actuellement au Palais de Tokyo nous fait réfléchir sur l’idée de modernité.



L’exposition décrypte le parfum N°5 à travers ses inspirations et ses influences artistiques qui lui donnent « un statut de création ».


« Je veux lui donner un parfum artificiel, je dis bien artificiel comme une robe, c’est-à-dire fabriqué. Je suis un artisan de la couture. 
Je ne veux pas de parfum à odeur de rose, de muguet, je veux qu’il soit composé.« 
– Gabrielle Chanel in Pierre Galante, Philippe Orsini, Les années Chanel, 1972 – 
 
 
« Elle a, par une sorte de miracle, opéré dans la mode suivant les règles qui semblaient ne valoir que pour les peintres, les musiciens, les poètes. 
Elle imposait de l’invisible ; 
Elle imposait au tapage mondain la noblesse d’un silence. » 
– Jean Cocteau, « Le retour de Mademoiselle Chanel« , le Nouveau Fémina, N°1, Mars 1954 –   



« Je crois à la quatrième dimension, et à une cinquième (…).
C’est né du besoin d’être rassurée, de croire que l’on ne perd jamais tout et qu’il se passe quelque chose de l’autre côté.« 
– Gabrielle Chanel in Marcel Haedrich, Coco Chanel, 1987 –
 
 
« Habillez les femmes pour aujourd’hui et vous les habillez en même temps pour demain. C’est le paradoxe du style.« 
– Gabrielle Chanel, « Chanel dit non », Marie Claire, mars 1967 – 
 


Luxe sous(-)culture : parfum de renouveau

Les Maisons de luxe s’exposent pour mieux se renouveler.
 Un élan de « générosité » 100% brandé qui inscrit les marques dans un rôle plus social, leur permettant de prendre un souffle de fraîcheur et de modernité. 
Cultiver pour apporter du renouveau… sans être naïf pour autant. Car les Maisons de luxe ne sont pas des pommes de terre. C’est ce que nous continuerons de croire même après cette démonstration de Veuve Clicquot. 

 
La Maison présente son nouvel éco-emballage à base d’amidon.