2013, ère de Diversion


Provocation, subversion, le luxe a le goût du défi. Parfois même allant jusqu’à la rupture, à l’image de la campagne N°5, et dans l’humour, telle l’anti-publicité « Prada suits everyone« .
Une rupture symbole de changement, terriblement dans l’ère du temps, et dans laquelle le discours des Maisons reprend racines pour s’ancrer dans le présent. Franchement, clairement et simplement.
Une rupture catalyseur d’un renouveau, un nouvel élan vers un luxe art de vivre, multiple et ré-créatif.

Voici les tendances qui émergent en cette fin d’année 2012.


Moral et fondamental

Dans la rupture, la mode se recentre sur des préoccupations plus fondamentales, identitaires et égalitaires. La mode unisexe revient sur le devant de la scène avec la collection No_Code de Tod’s, ainsi qu’avec l’arrivée d’Hedi Slimane chez Saint Laurent.

Lanvin valorise l’humain et le naturel mettant en scène des anonymes dans sa campagne Automne/Hiver 2012-2013.

Universalité et hédonisme

Les codes changent. Alors que Dior valorise l’émotion autour des matières premières, Louis Vuitton nous fait découvrir le Voyage au coeur du musée du Louvre. Les campagnes se tournent vers des discours plus universels et hédonistes.


Pluralité et collaboratif

La beauté multiple créée de nouveaux espaces de RE-CREATION dans l’échange et l’interaction d’idées.
Le particularisme régional, véhicule des saveurs et des couleurs, l’ouverture sur l’autre et l’ailleurs est un vecteur d’émotions échappatoire à la grisaille monochrome du quotidien.



La DIVERSITÉ et la SUBVERSION laissent place à une ère de DIVERSION : Déroutante, l’année 2013 sera sous le signe du jeu et du fun, dans la couleur.
Voici plusieurs thèmes qui émergent. 


– LE DÉTOURNEMENT – 
Messages détournés et ironisés, 
si le jeu est un échappatoire au stress ambiant, 
il est aussi une arme de revendication


L’artiste KAWS a présenté un défilé tragi-comique dans les rues de Manhattan. 
Une création mélancolique qui même le surréel à la réalité.


– LA CONSTRUCTION –
Pérenne, universelle, la brique rend créatif


Karl Lagerfeld s’est inspiré de la brique Lego pour la collection Chanel Printemps/Été 2013.

La créatrice de bijoux Agnieszka Biernacka s’est inspirée de l’intemporel sac Birkin d’Hermès 
pour créer une version en Lego.  

Pour célébrer les 160 ans du Bon Marché, Benoît Kayser, membre de Fanabriques, 
a reconstitué le bâtiment du Bon Marché.


– POP CULTURE –
On remue la tradition dans le jeu et la couleur


Le projet POP POIS de Valentino


La Tod’s touch

La réédition du sac Baguette de Fendi


 La palette arty imaginée par Vincent Beaurin pour Dior.
Du make-up aux tonalités peu communes, issues de l’univers coloré de son créateur  : 
Safran, Silex et Saphir.



– ÉLÉCTRIQUE –
Néon futuriste, 
dans la nostalgie des jeux vidéos et des parcs d’attraction, 
la lumière jubile


Claude Lévêque nous invite à croquer la vie à pleines dents. 
Une oeuvre présentée dans le cadre de l’exposition « Présomption d’insouciance », 
proposée par la Maison Guerlain.

Retour vers le futur 
avec les photographes Santiago and Mauricio Sierra.


Le travail des créatrices finlandaises Siiri Raasakka, Tiia Siren & Elina Laitinen,
récompensé au Festival d’Hyères


– DECONNEXION/RECONNECTION –
Gymnastique d’esprit, point de chute final et de recommencement, 
lorsqu’une partie prend fin, 
on débranche pour mieux reconnecter avec ses émotions


La machine à rêves de Leonardo da Vinci est une boite à secrets, un projecteur de rêve ; elle attrape les rêves et les partage. Une vision contemporaine de la cosmogonie de Leonardo da Vinci, une expérience émotionnelle qui renouvelle sans cesse l’intérêt de la découverte.
L’application pour i-Pad est disponible depuis le début du mois de décembre.


Conclusion

Le jeu, ciment fédérateur universel, permet de se révéler dans la bonne humeur et la légèreté.

A contre-courant de l’infobésité, sur son nuage de données, on construit des histoires plus choisies, plus pérennes. On capture les écrans qui créeront un espace de liberté, pour construire son identité virtuelle, et revendiquer sa différence dans l’éclectisme ambiant.

Faire du nouveau avec du vieux, s’évader de la morosité du quotidien, on mise sur des valeurs sûres qui ont fait leurs preuves.

L’ère de la démonstration est révolue. Dans le luxe, en matière de communication, le discours n’est pas à la promesse mais à la DIVERSION.
Des jeux rarement anodins à double tranchant, qui lancent une alerte au syndrome de répétition. 
On s’amuse, on plane, pourvu qu’on n’oublie pas de débrancher entre deux parties.