L’art de la création olfactive

La création olfactive est la manifestation de l’expression du parfumeur. Si la fragrance est éphémère et volatile, le parfum reflète l’esprit du temps qui passe. 

Tel un musicien qui compose sa partition, le nez crée sa formule. 
Au cours d’une conférence donnée aux Arts Décoratifs, Jean-Claude Ellena, parfumeur de la maison Hermès, et Dominique Ropion parfumeur chez IFF expliquaient leur démarche créative. D’abord se débarrasser de ses souvenirs olfactifs, puis guetter le « signal olfactif », qui sera à l’origine de l’idée et le début d’une belle histoire.
Ainsi la création olfactive commence dans l’abstraction et se termine dans la narration. Elle s’exempt formellement d’études marketing ou de recherches de tendances. Tout se fait avec le nez.
Si la fragrance est éphémère, certains parfums marquent l’histoire des grandes maisons. En voici cinq particulièrement mémorables.   

Jicky de Guerlain, une référence du tournant des années 20.


Le mythique N°5, le « bouquet de fleurs abstrait ».



Diorissimo, lancé en 1956.


L’Eau parfumée au thé vert de Bulgari, lancé en 1992.


Et le très controversé Opium d’Yves Saint Laurent, lancé en 1977.



Des jus remarquables, mais finalement, le marketing n’y ajouterait-il pas aussi sa (petite) dose ?
Le parfumeur crée des mythes, le marketing les construit. Un écart de noblesse qui peut s’avérer destructeur. 

Toutes les grandes maisons n’ouvrent pas leur univers à celui de la parfumerie, mais la plupart le font. L’année 2012 a déjà marqué le lancement dans le parfum de Marni, Elie Saab, Rick Owens, ou encore Diane Von Furstenberg.
La maison Louis Vuitton aussi a annoncé son retour dans cet univers, avec le nez Jacques Cavallier – Belletrud.
Son dernier parfum, la réédition limitée de L’Eau de Voyage, remonte à 1980.